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Reforme.net du 4 mars 2015

„Ma femme est pasteure“ pu parler de foi avec humour

L’article écrit par Laure Salamon se trouve sur le lien suivant :Reforme.net du 4 mars 2015

Visible depuis mi-février, la web-série „Ma femme est pasteure“ décrit avec humour le quotidien d’une femme pasteure suisse (Clara) et de son mari espagnol d’origine catholique (Thomas).

oilà une manière originale de parler de l’Eglise et de la foi, loin des clichés habituels sur l’austérité protestante. La série présente la vie quotidienne de Clara et Thomas, dans un petit village suisse. « C’est inspiré de notre vécu personnel, mais aussi de ceux de confrères qui nous racontent des anecdotes. Bien sûr, c’est amplifié pour servir la comédie. Les retours sont très positifs sur ce premier épisode. Beaucoup de conjoints de pasteur se sont reconnus. Les sketchs auraient été moins percutants avec un pasteur homme. »

Le premier épisode a été diffusé le 18 février sur le site d’information du journal suisse 20 minutes.ch, le second sort le 4 mars. Il est prévu douze épisodes, toutes les deux semaines. Ils vont aborder des questions existentielles de la mort, des débats de religion, du pardon, de l’amour des ennemis, du féminisme…  « Ils ne sont pas tous écrits pour laisser la possibilité de coller aussi à l’actualité », précise Carolina.

Une rencontre à Paris

Au départ de ce projet audacieux, la réunion de Victor le comédien et Carolina la chanteuse. Ils se rencontrent à Paris dans une école de chant. « Enfant, mon pasteur était un Argentin révolutionnaire. La figure de Jésus qu’il nous présentait m’a beaucoup touchée, raconte Carolina Costa. J’ai étudié la théologie. À la fin de mes études, rien ne m’attirait vraiment dans l’Église, je suis partie à Paris pour la musique. J’ai rencontré Victor. L’amour que nous partagions m’a ramenée vers Dieu. J’ai eu envie de retourner à Genève pour faire mon stage de pasteur. Victor m’a suivi. »

De cette nouvelle vie en Suisse, est née une première web-série (de petites vidéos visibles sur le Net) : “Bienvenue chez Nous”. Diffusée sur Internet et à la télévision, cette web-série porte sur les différences interculturelles, en utilisant le regard de Victor, l’Espagnol qui arrive en Suisse, puis sur la parentalité…

Depuis six ans que Carolina est pasteure dans la cité de Calvin, Victor plaisantait de cette nouvelle situation qui n’a pas toujours été facile à vivre. « Un nouveau monde s’est ouvert à lui, témoigne Carolina. Il disait qu’un jour, il ferait un spectacle sur le fait que sa femme était pasteure. L’idée a germé. Comme nous avions déjà monté une web-série, nous avons repris la même formule avec ce regard extérieur sur la religion. Un regard d’agnostique, cartésien, rationnel qui se retrouve interpelé par cette nouvelle vie. »

Montrer sa vie privée ?

Étaler sa vie au grand jour pour un pasteur, n’est-ce pas franchir une certaine ligne ? Pour Carolina Costa, « c’est un risque que je suis prête à prendre, j’ai mûri cette décision. Je crois que c’est beau de véhiculer ce qui nous habite, cette foi en l’amour. On donne aussi une autre image de la religion, moderne avec un esprit de liberté. »

Pour elle, ce n’est pas de l’évangélisation, mais il s’agit de montrer ce que l’on vit au quotidien comme pasteur. Carolina et Victor ont choisi le vecteur du web, de la vidéo et de l’humour. Un cocktail qui plaît. La série fait parler d’elle dans les médias suisses, elle a aussi été sélectionnée pour le festival web programme international qui récompense les meilleures web-série, en mars à Paris. “Ma femme est pasteure” concourt dans la sélection des projets en développement.

Reforme.net du 4 mars 2015